- Signaler un nid
- Signalement en mairie (lutte collective FDGDON de la Manche)
- Aide à la destruction
- Destruction prise en charge dans le cadre de la lutte collective (Département et communes conventionnées), sur signalement en mairie
- Urgence piqûre
- 15 ou 112 (114 par SMS)
Le frelon asiatique dans la Manche
Selon le Département de la Manche, le frelon asiatique est arrivé dans le Sud-Manche en 2011, puis dans le Nord-Cotentin en 2013. La progression a ensuite été rapide : 4 034 nids ont été localisés en 2020, puis 4 139 nids ont été répertoriés par la FDGDON en 2021, dont 3 697 détruits. Environ 20 % des nids de la saison 2021 ont été signalés en novembre, lorsque la chute des feuilles les rend visibles.
L'année 2022 a marqué un pic. De mars à juillet, 3 015 nids ont été recensés, environ trois fois plus que les 1 000 nids habituellement constatés à cette période. En juillet 2022, les mairies transmettaient en moyenne 96 signalements par jour, avec un maximum de 172 en une seule journée. Le bilan de l'année, arrêté le 6 janvier 2023 par la FDGDON, s'établit à 9 924 nids localisés et signalés et 9 247 nids détruits, dont 9 123 dans le cadre de la lutte collective, soit une moyenne de 1,67 nid par kilomètre carré.
Les années suivantes ont été moins intenses : 7 077 nids signalés et 6 701 détruits en 2023, soit environ 30 % de moins qu'en 2022, puis 5 083 nids détruits en 2024 selon la FDGDON citée par Tendance Ouest en mai 2025. L'invasion concerne l'ensemble du département, avec une présence marquée sur le littoral et dans les zones urbaines. Ces variations d'une année à l'autre dépendent largement de la météo du printemps, comme l'explique la page sur l'activité du frelon selon la météo.
Départements voisins : Calvados (2011), Ille-et-Vilaine (2008), Mayenne (2010), Orne (2012).
Voir la carte de propagation en France, année par année.
Signaler un nid de frelon dans la Manche
Dans la Manche, la règle est simple : signaler le nid en mairie le plus tôt possible. C'est la mairie qui transmet à la FDGDON, laquelle commande la destruction à une entreprise choisie par la collectivité parmi une liste de prestataires retenus après consultation. Pour la saison 2024, la FDGDON listait 35 entreprises éligibles.
- Repérer le nid à distance et ne pas s'en approcher. Mettre en place si besoin un périmètre de sécurité et suspendre les activités qui pourraient le déranger (tonte, taille, jeux d'enfants).
- Contacter la mairie de la commune où se trouve le nid, en précisant l'adresse, l'emplacement (haie, arbre, toiture, abri), la hauteur estimée et si possible une photo prise de loin.
- La mairie transmet le signalement à la FDGDON, qui commande l'intervention à une entreprise retenue.
- L'entreprise prend contact pour fixer l'intervention.
Attention : si un particulier appelle directement une entreprise sans passer par la mairie, le nid n'entre pas dans la lutte collective et l'intervention reste à sa charge. De même, la prise en charge n'est possible que si la commune ou l'intercommunalité a signé la convention de lutte collective et participe à son financement. En 2021, 432 communes, soit 97 % des communes du département, étaient engagées. Les conventions ont été renouvelées pour la période 2024-2026.
Depuis l'arrêté du 9 septembre 2026 instaurant le plan national de lutte, la coordination départementale relève du préfet de la Manche ; le dispositif local, déjà fondé sur un arrêté préfectoral depuis 2016, s'inscrit dans ce cadre. Pour les réflexes généraux, voir signaler un nid : à qui, comment.
Aides à la destruction dans la Manche
La Manche fait partie des départements où la destruction des nids est organisée et financée collectivement. Selon Tendance Ouest (mai 2025), les destructions sont prises en charge depuis 2016 par le Département de la Manche, en lien avec les communes qui ont signé la convention, soit 97 % d'entre elles. En 2021, l'aide départementale attribuée à la FDGDON s'élevait à 100 000 euros : 50 000 euros pour la coordination du programme et 50 000 euros pour la destruction des nids. Les communes et intercommunalités contribuent aussi au financement.
Conditions pour bénéficier de la prise en charge :
- le nid doit être signalé en mairie avant toute intervention ;
- la commune doit être signataire de la convention de lutte collective ;
- l'intervention est commandée par la FDGDON auprès d'une entreprise retenue, et non par le particulier lui-même.
Le reste à charge éventuel pour le particulier peut varier selon la commune : la mairie est le bon interlocuteur pour le connaître. Dans une commune non conventionnée, ou si le particulier fait appel directement à un prestataire, la destruction est à ses frais. Pour comparer avec les autres départements, voir le panorama des aides à la destruction et le prix d'une destruction de nid.
Trouver un désinsectiseur en Manche
Un territoire exposé : bocage, littoral et vergers
La Manche offre au frelon asiatique un terrain favorable : un climat océanique doux, des hivers rarement rigoureux qui facilitent la survie des reines, et un bocage dense dont les haies, talus et arbres isolés multiplient les sites de nidification. Les vallées de la Vire, de la Sienne, de la Sée et de la Sélune, le marais du Cotentin et du Bessin, les bois du Mortainais et les jardins du littoral complètent ce tableau. La FDGDON a relevé en 2022 une moyenne de 1,67 nid par kilomètre carré sur l'ensemble du département.
Les zones urbaines ne sont pas épargnées : Saint-Lô, Cherbourg-en-Cotentin, Granville, Avranches ou Coutances voient des nids sous les toitures, dans les arbres d'alignement et les haies de jardin. Sur le littoral, des nids sont découverts dans les haies brise-vent et les pins des stations balnéaires.
Le département est une terre d'élevage et de vergers cidricoles, où les pommiers hautes tiges attirent le frelon à la fin de l'été. Les apiculteurs sont directement concernés : la FDGDON estime, d'après une étude du Muséum national d'Histoire naturelle de 2021, qu'une colonie consomme environ 11 kg d'insectes par saison, soit environ 45 tonnes pour 4 000 nids dans le département. Le programme départemental comporte un volet de protection des ruchers et le Département a financé deux programmes de recherche appliquée. Les apiculteurs trouveront des repères sur l'impact sur les colonies et le miel.
Piqûres de frelon : risques et gestes qui sauvent
Le frelon asiatique défend son nid en groupe lorsqu'il est dérangé. À l'échelle nationale, l'Anses et Santé publique France ont recensé, sur 2014-2023, 256 certificats de décès liés aux piqûres d'hyménoptères, toutes espèces confondues, soit environ 25 par an. Les frelons représentent 38 % des cas graves des centres antipoison, et 89 % des cas graves sont liés à une allergie.
La Manche est l'un des rares départements à publier un bilan local des accidents. Pour l'année 2018, la FDGDON a recensé 314 attaques avec victimes, dont 9 cas de plus de 10 piqûres, 3 cas de projection de venin, 4 chocs anaphylactiques et un décès dans le sud du département. D'avril à juillet 2022, plus de 156 personnes piquées ont été recensées, un chiffre en hausse selon le Département.
- S'éloigner calmement du nid en protégeant le visage et la tête.
- Appeler le 15 ou le 112 (114 par SMS pour les personnes sourdes ou malentendantes) en cas de gêne respiratoire, gonflement du visage, de la langue ou de la gorge, malaise, urticaire généralisée, piqûre dans la bouche ou la gorge, ou plus de 20 piqûres chez l'adulte (4 à 5 chez l'enfant).
- Personne allergique : stylo d'adrénaline sur la face externe de la cuisse, puis appel au 15.
- Retirer bagues et bracelets.
- Appliquer du froid enveloppé dans un linge.
- Allonger la personne en malaise, en position demi-assise si elle respire mal.
En cas de projection de venin dans les yeux, rincer abondamment à l'eau et consulter (voir projection de venin dans les yeux). Pour un avis toxicologique, le centre antipoison compétent est celui d'Angers, dont le territoire couvre la Normandie (02 41 48 21 21).
Avant de tailler une haie, élaguer ou débroussailler
Dans le bocage de la Manche, la haie est le premier lieu de rencontre avec un nid. Les nids de frelon asiatique, de guêpes ou de frelon européen se cachent dans les haies, les talus, les arbustes, les ronciers, les tas de bois et les abris. La FDGDON recommande, dès qu'un nid est repéré, d'éloigner les activités susceptibles de le déranger.
- Observer la haie 5 à 10 minutes à distance : des allées et venues toujours au même endroit indiquent un nid.
- Écouter : un bourdonnement dans la végétation doit alerter.
- Ne jamais frapper la haie ni l'arroser pour « tester ».
- Inspecter de proche en proche avant chaque passage de taille-haie.
- Ne jamais utiliser de taille-haie thermique ni d'épareuse sans inspection : les vibrations déclenchent l'attaque.
- Travailler tôt le matin, en vêtements couvrants clairs.
- Prévenir quelqu'un et garder son téléphone sur soi.
Ces consignes concernent les exploitants agricoles qui entretiennent leurs haies au lamier ou à l'épareuse, les agents des routes et des communes chargés du fauchage et du broyage des accotements, les entreprises d'élagage et les particuliers. La taille est déconseillée du 15 mars au 31 juillet pour la nidification des oiseaux, et les exploitants soumis à la PAC respectent l'interdiction du 16 mars au 15 août (BCAE 8). Or l'entretien d'automne tombe au moment où les colonies sont les plus peuplées : en 2021, environ un nid sur cinq a été signalé en novembre. En cas de découverte, s'éloigner, signaler en mairie et consulter la page nid dans une haie ou un arbre.
Piégeage de printemps et actions locales dans la Manche
La Manche se distingue par une position claire de la FDGDON sur le piégeage. Le piégeage alimentaire par les particuliers y est fortement déconseillé : il ne fait pas baisser les populations et il n'est pas sélectif. Le piégeage est réservé aux apiculteurs, uniquement sur leurs ruchers et pendant les périodes d'attaque, comme outil de protection de la ruche et non comme méthode de lutte. La FDGDON rappelle aussi que le piégeage des fondatrices au printemps n'est pas recommandé par le ministère, faute d'étude démontrant une baisse du nombre de nids, et qu'environ 90 % des reines meurent naturellement au printemps.
Aucune campagne départementale de distribution de pièges n'est donc organisée dans la Manche. L'effort porte sur la détection précoce et la destruction des nids, y compris des nids primaires au printemps : chaque saison, la FDGDON guette le premier nid primaire actif, généralement en mars.
Pour les apiculteurs qui protègent leurs ruchers, seul un piège sélectif doit être utilisé, posé autour du rucher pendant les attaques, en complément des muselières et grilles d'entrée. Les pièges bouteilles non sélectifs sont à proscrire, car ils capturent surtout des insectes utiles.
Destruction de nid de frelon : principales communes
Que faire en ce moment ?
Octobre. Les futures reines quittent le nid. C'est le dernier moment utile pour le faire détruire. Le cycle complet du frelon asiatique.
Questions fréquentes
Pourquoi faut-il passer par la mairie pour un nid dans la Manche ?
Parce que la destruction n'est prise en charge par la lutte collective que si le nid est signalé en mairie, qui transmet à la FDGDON. Un appel direct à une entreprise reste à la charge du particulier.
Combien de nids de frelons asiatiques ont été détruits dans la Manche ?
9 247 en 2022, 6 701 en 2023 et 5 083 en 2024 selon les chiffres de la FDGDON.
Faut-il poser des pièges à frelons dans son jardin dans la Manche ?
Non. La FDGDON de la Manche déconseille le piégeage par les particuliers et le réserve aux apiculteurs sur leurs ruchers, avec des pièges sélectifs.
Ma commune de la Manche participe-t-elle à la lutte collective ?
Très probablement : 97 % des communes avaient signé la convention en 2021. La mairie peut le confirmer.
Sources
- FDGDON de la Manche, Frelons asiatiques (page consultée en 2026)
- Département de la Manche, communiqué de presse Frelons asiatiques (9 août 2022)
- Tendance Ouest, Manche : plus de 5 000 nids détruits l'année passée (27 mai 2025)
- FREDON Normandie, Manche : une hausse des nids de frelons asiatiques (août 2022)
- Sante.fr, Normandie : numéros utiles en cas d'urgence
- Anses, Piqûres de guêpes, frelons, abeilles : quel bilan depuis 2014
- Centres antipoison, CAP d'Angers (Bretagne, Centre-Val de Loire, Normandie, Pays de la Loire)
