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Nid secondaire de frelon asiatique accroché dans un arbre défeuillé

Frelon asiatique dans l'Orne

Dans l'Orne, la lutte contre le frelon asiatique s'appuie depuis 2019 sur un dispositif départemental animé par le Groupement de défense sanitaire (GDS) de l'Orne : une plateforme en ligne, frelonasiatique61.fr, où chaque nid est déclaré avant destruction par une entreprise signataire d'une charte. En 2024, 671 destructions y ont été prises en charge, après un pic de 1 457 en 2023. La plupart des communes ornaises participent au financement. Voici comment signaler un nid de frelon dans l'Orne, ce que paie votre commune, et les précautions à prendre dans le bocage, le Perche et le Pays d'Auge.

2012Première observation
671destructions de nids prises en charge en 2024
1 457destructions prises en charge en 2023, année record
305communes adhérentes au plan de lutte en 2024 (79 % des communes)
Signaler un nid
Plateforme ornaise de déclaration de nids de frelons asiatiques (GDS de l'Orne)
Coordination
Groupement de défense sanitaire de l'Orne (GDS 61)
Aide à la destruction
Aides des communes et intercommunalités adhérentes, variables (ex. Alençon 67 %, plafond 130 €) ; le Département participait aussi en 2024 (33 %, plafond 50 €)
Urgence piqûre
15 ou 112 (114 par SMS)

Le frelon asiatique dans l'Orne

Les premiers nids de frelon asiatique ont été repérés dans l'Orne à l'été 2012 : deux nids, l'un à Pacé, près d'Alençon, l'autre à Sainte-Honorine-la-Guillaume, dans le nord du bocage. L'espèce s'est ensuite répandue dans tout le département. Le Département de l'Orne a mis en place en 2019 un plan de lutte collective, confié au GDS de l'Orne, avec une plateforme de déclaration et un réseau d'entreprises partenaires.

Les bilans annuels publiés par le GDS permettent de suivre l'évolution du nombre de destructions prises en charge :

AnnéeDestructions prises en charge
2019336
2020571
2021434
20221 151
20231 457
2024671

En 2024, 902 déclarations ont été traitées. Les destructions ont culminé en août (166), puis restées élevées en septembre (134) et en octobre (153), avant 95 en novembre. Le nombre de destructions prises en charge a donc baissé de plus de moitié en 2024 par rapport à 2023, tout en restant supérieur aux niveaux de 2019 à 2021. Le bilan 2025 n'était pas encore publié sur la plateforme au moment de la rédaction. La campagne 2026 de déclaration court du 2 mai au 30 novembre 2026. Pour l'histoire de l'invasion, voir l'arrivée du frelon asiatique en France.

Départements voisins : Calvados (2011), Eure (2013), Eure-et-Loir (2012), Manche (2011), Mayenne (2010), Sarthe (2010).

Voir la carte de propagation en France, année par année.

Signaler un nid de frelon dans l'Orne

Le signalement passe par la plateforme ornaise frelonasiatique61.fr, gérée avec le GDS de l'Orne (02 33 80 38 22). La démarche, telle que décrite par le site :

  1. Déclarer le nid en ligne, depuis sa propriété, entre le 2 mai et le 30 novembre 2026. Le site indique si la commune ouvre droit à une aide.
  2. Choisir une entreprise dans la liste des partenaires signataires de la charte des bonnes pratiques (38 entreprises en 2024, dont 28 installées dans l'Orne).
  3. Faire détruire le nid ; l'entreprise doit être référencée auprès du GDS avant tout rendez-vous et utilise un produit à base de pyrèthre végétal de faible rémanence.
  4. Déposer sur le site la facture remise par l'entreprise.
  5. Recevoir l'aide de la collectivité par virement.

La déclaration doit précéder la destruction : un nid détruit sans déclaration, ou par une entreprise non signataire, n'ouvre pas droit à l'aide. Pour un nid dans une haie mitoyenne, la mairie peut indiquer, grâce au cadastre, sur quel terrain il se trouve. Les associations peuvent déclarer comme un particulier ; les syndics de copropriété doivent se renseigner avant toute déclaration. La ligne dédiée a reçu 969 appels en 2024. Pour savoir que faire en attendant l'intervention, voir que faire face à un nid.

Aides à la destruction d'un nid de frelon dans l'Orne

L'Orne combine une participation du conseil départemental et un complément des communes ou intercommunalités adhérentes. Selon le bilan 2024 du GDS, le Département prenait en charge cette année-là 33 % du coût, plafonnés à 50 € ; en 2026, la page de prise en charge de la plateforme ne présente plus que les aides des communes et intercommunalités, d'où l'intérêt de vérifier le montant au moment de la déclaration. En 2024, 305 communes adhéraient au plan (293 communes et une communauté de communes de 12 communes), soit 79 % des 385 communes du département. Le taux moyen de prise en charge publique atteignait 70,5 % pour un coût moyen d'intervention de 101,99 €.

Exemples de participations communales affichées sur la plateforme :

  • Alençon : 67 % de la facture, plafonnés à 130 € (et jusqu'à 400 € TTC si une nacelle est nécessaire, selon la plaquette municipale 2024) ;
  • Argentan : 100 %, plafonnés à 25 € ;
  • Bagnoles de l'Orne Normandie : 33 %, plafonnés à 50 € ;
  • Camembert : 100 %, sans plafond indiqué.

Pour de nombreuses communes, le tableau indique « voir mairie ». En 2024, les aides versées ont totalisé 47 876,88 €, dont 22 504,61 € du Département et 25 372,27 € des communes, pour 67 875,94 € facturés. La plateforme indique un coût moyen d'environ 102 € pour un nid à moins de 5 mètres et de 130 à 200 € jusqu'à 15 mètres. Une destruction réalisée soi-même n'ouvre droit à aucune aide. Voir aussi le panorama des aides et bien choisir son professionnel.

Trouver un désinsectiseur dans l'Orne

Un territoire exposé : bocage, vergers et grandes forêts

L'Orne est un département rural, dominé par le bocage, les prairies d'élevage et les haies. Le Domfrontais et le Passais sont réputés pour leurs poiriers haute-tige et le poiré, le Pays d'Auge ornais, autour de Vimoutiers et de Camembert, pour ses pommeraies, son cidre et son calvados. Ces vergers attirent les ouvrières en fin d'été, lorsque les fruits tombés fermentent, et les haies bocagères offrent une multitude de supports aux nids.

Les grands massifs forestiers (Écouves, Andaine, Bellême, Perseigne) et le Perche, aux collines boisées, abritent des nids très hauts, souvent découverts à la chute des feuilles. Le climat océanique, frais et humide, retarde un peu la reprise d'activité des fondatrices par rapport aux départements côtiers.

L'élevage et l'apiculture de proximité y cohabitent : les ruchers ornais subissent en été et en automne la prédation stationnaire devant les ruches. Les vergers et fruits du jardin sont traités dans frelons, vergers et fruits mûrs.

Piqûres de frelon : risques et gestes qui sauvent

Le frelon peut tuer. L'Anses et Santé publique France ont recensé 256 certificats de décès liés aux piqûres d'hyménoptères (toutes espèces) entre 2014 et 2023, soit environ 25 par an. Les frelons représentent 38 % des cas graves relevés par les centres antipoison, et 89 % des cas graves sont liés à une allergie. Aucun accident grave survenu dans l'Orne n'a été retrouvé dans les sources consultées.

Gestes qui sauvent :

  • s'éloigner calmement du nid en protégeant le visage et la tête ;
  • appeler le 15 ou le 112 (114 par SMS pour les personnes sourdes ou malentendantes) en cas de gêne respiratoire, gonflement du visage, de la langue ou de la gorge, malaise, urticaire généralisée, piqûre dans la bouche ou la gorge, plus de 20 piqûres chez l'adulte ou 4 à 5 chez l'enfant ;
  • personne allergique : stylo d'adrénaline sur la face externe de la cuisse, puis appel au 15 ;
  • retirer bagues et bracelets ; froid enveloppé dans un linge sur la piqûre ;
  • allonger la personne en malaise, ou la mettre demi-assise si elle respire mal.

La plateforme ornaise rappelle elle aussi d'appeler le 15 ou le 112 en cas de difficultés respiratoires, de nausées ou de gonflement du visage. Le centre antipoison compétent pour la Normandie est celui d'Angers (02 41 48 21 21). Plus d'informations : la piqûre de frelon est-elle dangereuse.

Avant de tailler une haie, élaguer ou débroussailler

Les nids de frelon asiatique, de guêpes et de frelon européen se cachent dans les haies, les arbustes, les ronciers, les tas de bois et les abris. Dans un département de bocage comme l'Orne, la taille des haies est le moment où le risque de tomber sur un nid est le plus élevé.

  • Observer la haie 5 à 10 minutes à distance : des allées et venues d'insectes toujours au même endroit signalent un nid. Écouter un bourdonnement.
  • Ne jamais frapper la haie ni l'arroser pour « tester ».
  • Inspecter de proche en proche avant chaque passage de taille-haie ; ne jamais utiliser de taille-haie thermique ni d'épareuse sans inspection, les vibrations déclenchant l'attaque.
  • Travailler tôt le matin, vêtements couvrants clairs, prévenir quelqu'un, garder son téléphone.

Pour les agriculteurs, la règle PAC BCAE 8 interdit la taille des haies et des arbres du 16 mars au 15 août inclus ; l'entretien se concentre donc à l'automne et en hiver, période où les nids secondaires sont soit à leur maximum (septembre, octobre), soit abandonnés. Pour les particuliers, il est conseillé d'éviter du 15 mars au 31 juillet pour la nidification des oiseaux. Les agents communaux qui entretiennent les bords de route et les chemins creux, ainsi que les arboriculteurs lors de la récolte des pommes et des poires, sont particulièrement exposés. Un nid repéré dans une haie se déclare sur la plateforme, comme les autres ; voir nid dans une haie ou un arbre.

Piégeage de printemps et actions locales dans l'Orne

La plateforme ornaise recommande un piégeage raisonné, conforme au plan de lutte national porté par GDS France et FREDON France. Sa fiche piégeage précise :

  • commencer après 5 jours au-dessus de 12 °C, soit en pratique entre mi-mars et mi-mai dans la région, pendant 8 semaines au maximum ;
  • utiliser l'un des pièges sélectifs retenus par le plan national ;
  • cibler les secteurs à forte pression, près d'anciens nids ou de ruchers touchés, en plein soleil, à environ 1,20 m de hauteur, à l'abri du vent ;
  • renouveler l'appât tous les 8 à 10 jours ;
  • ne pas utiliser de pièges bouteille, qualifiés d'« abomination pour l'entomofaune ».

Seul le piégeage sélectif est recommandé ; voir qu'est-ce qu'un piège sélectif. Les communes et intercommunalités qui n'ont pas encore rejoint le dispositif peuvent adhérer par convention, après délibération, via l'espace collectivités de la plateforme. Contacts : GDS de l'Orne, 02 33 80 38 22 ; à Alençon, service Développement durable de la Ville, 02 33 32 41 07.

Destruction de nid de frelon : principales communes

Que faire en ce moment ?

Octobre. Les futures reines quittent le nid. C'est le dernier moment utile pour le faire détruire. Le cycle complet du frelon asiatique.

Questions fréquentes

Ma commune de l'Orne participe-t-elle à la destruction des nids ?

Près de 80 % des communes ornaises adhéraient au plan en 2024. Le tableau de la page Prise en charge de frelonasiatique61.fr indique le pourcentage et le plafond de chaque commune, ou renvoie vers la mairie.

Peut-on déclarer un nid dans l'Orne en hiver ?

Non, les déclarations sont ouvertes du 2 mai au 30 novembre 2026. Les nids vides d'hiver ne sont pas réoccupés et se désagrègent avec les intempéries.

Combien coûte la destruction d'un nid de frelon dans l'Orne ?

Le coût moyen était de 101,99 € en 2024 selon le GDS. Comptez environ 102 € sous 5 mètres et 130 à 200 € jusqu'à 15 mètres, avant déduction des aides.

Quelle entreprise choisir pour bénéficier de l'aide dans l'Orne ?

Uniquement une entreprise signataire de la charte des bonnes pratiques et listée sur frelonasiatique61.fr, après déclaration du nid sur la plateforme.

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