Qu'est-ce qu'un nid primaire de frelon asiatique ?
Au printemps, chaque reine sortie d'hivernage fonde seule une nouvelle colonie. Le nid qu'elle bâtit s'appelle le nid primaire, ou nid de fondation. C'est la première étape du cycle de vie du frelon asiatique.
La reine mâche des fibres de bois et les mélange à sa salive pour obtenir une pâte à papier. Elle construit d'abord un pédoncule, une petite tige qui accroche le nid à son support. Elle y fixe quelques cellules hexagonales, puis les enveloppe d'une coupole de papier fin. Selon le MNHN, ce nid compte environ une dizaine de cellules au départ.
Pendant plusieurs semaines, la reine est seule. Elle pond, chasse, nourrit les larves et agrandit le nid. Les premières ouvrières émergent environ un mois à un mois et demi après la fondation, selon la température. Ensuite seulement, la reine cesse de sortir.
À quoi ressemble un nid primaire ?
Le nid primaire est une petite sphère ou une goutte de papier beige à brun, striée de bandes plus ou moins claires. Les points clés :
- Taille : de quelques centimètres au tout début à la taille d'une orange, puis d'un pamplemousse. La littérature scientifique cite des diamètres d'environ 4 à 15 cm (Laurino et al., 2020), rarement plus de 20 cm.
- Forme : d'abord une coupe ouverte vers le bas, puis une boule fermée.
- Ouverture : un orifice unique, en général situé en dessous.
- Activité : au début, un seul insecte qui entre et sort, la reine. Plus tard, quelques ouvrières.
Les confusions sont fréquentes. Un nid de poliste a des cellules visibles, sans enveloppe. Un nid de guêpe commune est souvent dans le sol, un mur ou un grenier. Un nid de frelon européen est installé dans une cavité, avec une ouverture vers le bas. Un nid primaire ressemble pourtant beaucoup à un jeune nid de guêpe. La distinction se fait surtout sur l'insecte qui l'occupe. L'article nid de guêpe ou nid de frelon et la fiche frelon asiatique aident à confirmer l'espèce.
Comment évolue un nid primaire au fil des semaines
Le nid primaire change vite d'aspect. Au tout début, il ne s'agit que d'un petit rayon de cellules protégé par une coupole ouverte. La reine y pond un œuf par cellule. Les larves éclosent, sont nourries de boulettes de proies, puis se nymphosent dans leur cellule fermée par un opercule.
La reine ajoute ensuite une enveloppe extérieure sphérique, puis d'autres couches de papier. Selon le MNHN, les premières ouvrières mesurent 14 à 16 mm et émergent en mai. Elles sont plus petites que les ouvrières de fin de saison, car elles ont été nourries par une reine seule.
À partir de là, la croissance s'accélère. Les ouvrières agrandissent le nid et la reine ne sort plus. Si le site devient trop étroit, trop bas ou trop exposé, la colonie le quitte en été pour un nid plus grand. S'il offre assez d'espace, le nid primaire continue de grossir sur place.
Où la reine construit-elle son nid primaire ?
La fondatrice recherche un endroit abrité de la pluie et du vent, souvent bas et proche des habitations. Les sites cités par le MNHN incluent :
- abris de jardin, cabanons, garages, préaux ouverts ;
- rebords de toit, dessous de tuiles, volets, avant-toits ;
- trous dans les murs, nichoirs, ruches vides ;
- ronciers, haies denses, arbustes.
Ces emplacements expliquent pourquoi les nids primaires sont souvent découverts par les particuliers en ouvrant un volet ou un abri au printemps. L'article nid selon l'emplacement détaille les situations les plus courantes.
Nid primaire ou nid secondaire : les différences
| Critère | Nid primaire | Nid secondaire |
|---|---|---|
| Période | Printemps et début d'été | Été et automne |
| Constructeur | La reine seule, puis ses premières ouvrières | Les ouvrières |
| Taille | D'une balle de tennis à un pamplemousse | Souvent 40 à 60 cm, parfois jusqu'à 1 m de haut |
| Emplacement | Abrité, souvent bas | Le plus souvent à plus de 10 m, en haut des arbres |
| Population | Une reine, puis quelques dizaines d'ouvrières | Jusqu'à environ 2 000 adultes en automne |
| Ouverture | En général en dessous | Latérale |
Selon le MNHN, environ 70 % des colonies quittent leur nid primaire en été pour bâtir un nid secondaire. Les autres restent sur place et leur nid primaire grossit jusqu'à atteindre la taille d'un nid secondaire, notamment dans les grands volumes comme les hangars.
Pourquoi le nid primaire est une cible prioritaire
Un nid primaire détruit avant l'émergence des ouvrières, c'est une colonie entière qui disparaît. Or une colonie qui atteint l'automne peut produire plusieurs centaines de futures reines. La revue de Monceau et al. (2014) cite une moyenne de 350 futures reines par colonie.
À ce stade, le risque pour l'homme est aussi plus faible. Il n'y a qu'un insecte ou quelques dizaines d'individus, contre des milliers en automne. Un nid même petit reste toutefois défendu. Les piqûres sont douloureuses et peuvent être graves pour une personne allergique.
Nid primaire découvert : que faire ?
- Ne pas toucher le nid et ne pas l'asperger d'insecticide au hasard.
- Vérifier l'espèce en observant un individu à distance : pattes jaunes, corps sombre, bande orangée sur l'abdomen.
- Signaler le nid selon le dispositif local : signaler un nid de frelon asiatique.
- Faire intervenir un professionnel, qui retire ou détruit le nid de façon sûre : demander la destruction d'un nid.
Les questions de sécurité et de responsabilité liées à une intervention sans professionnel sont traitées dans l'article peut-on détruire un nid soi-même.
Questions fréquentes
Quelle est la taille d'un nid primaire de frelon asiatique ?
Au départ quelques centimètres, puis la taille d'une orange ou d'un pamplemousse. Les études citent des diamètres d'environ 4 à 15 cm, rarement plus de 20 cm.
Quand trouve-t-on des nids primaires ?
Au printemps et au début de l'été. Les reines fondent leurs nids de mars à juin environ, selon la météo.
Un nid primaire est-il dangereux ?
Moins qu'un nid secondaire car il compte peu d'individus, mais il reste défendu. Il ne faut pas le manipuler, surtout en cas d'allergie au venin.
Quelle différence entre nid primaire et nid secondaire ?
Le nid primaire est petit, construit par la reine seule dans un endroit abrité. Le nid secondaire est construit par les ouvrières en été, souvent en haut d'un arbre, et peut dépasser 50 cm.
Faut-il signaler un nid primaire ?
Oui. Un nid primaire détruit tôt supprime une colonie entière, qui aurait pu produire des centaines de futures reines à l'automne.
Sources
- MNHN, Frelon asiatique : biologie de Vespa velutina
- Laurino et al. (2020), Vespa velutina: an alien driver of honey bee colony losses, Diversity
- Monceau, Bonnard et Thiéry (2014), Vespa velutina: a new invasive predator of honeybees in Europe, Journal of Pest Science (INRAE)
- Villemant et al. (2011), Bilan des travaux MNHN sur l'invasion de Vespa velutina en France


