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Illustration générée : piège à frelons suspendu dans un verger, près d'un rucher

Piégeage du frelon asiatique à l'automne : faut-il le pratiquer ?

Le piégeage du frelon asiatique à l'automne ne réduit pas de façon démontrée la population de l'année suivante. Il peut en revanche soulager localement les ruches attaquées en fin d'été, avec des pièges sélectifs, placés au rucher et pour une durée limitée. Hors rucher, il tue surtout des insectes non ciblés.

Pourquoi la question se pose à l'automne

L'automne est la saison où le frelon asiatique est le plus visible. Les colonies atteignent leur taille maximale. L'étude du régime alimentaire de 16 nids du sud-ouest de la France situe le pic de prédation début octobre (Rome et al., 2021). Devant les ruches, le nombre de frelons augmente de juillet au début d'octobre (Monceau et al., 2013).

C'est aussi la période où les nids produisent mâles et futures reines. D'où une idée répandue : piéger à l'automne capturerait des reines avant l'hiver. Le cycle de vie du frelon asiatique permet de comprendre pourquoi cette idée est fragile.

Le piégeage du frelon asiatique à l'automne réduit-il la population ?

Aucune étude citée par les organismes de référence ne démontre un effet du piégeage d'automne sur le nombre de nids de l'année suivante. Les recommandations de l'ITSAP-Institut de l'abeille concernent le printemps, de mars à fin mai, et pas l'automne.

Le problème est quantitatif. Un nid secondaire peut produire un grand nombre de futures reines. Les chercheurs galiciens qui ont comparé quatre pièges du commerce notent que les captures restent très faibles comparées au nombre de nouvelles reines produites chaque saison (Rojas-Nossa et al., 2024). Seule une part infime de ces reines passe près d'un piège.

La mesure la plus efficace à cette saison reste la destruction des nids actifs par un professionnel, idéalement avant la sortie des futures reines. Une revue scientifique situe ce moment idéal avant le début de septembre (Laurino et al., 2020). Pour un nid repéré : faire appel à un professionnel de la destruction.

D'où vient l'idée du piégeage d'automne ?

L'idée paraît logique : si les futures reines sortent du nid en automne, les capturer éviterait de nouveaux nids au printemps. Mais les futures reines s'accouplent puis cherchent rapidement un abri pour l'hiver. Elles se nourrissent pour constituer des réserves, mais restent dispersées dans un vaste territoire. Les détails de cette phase figurent dans l'article sur l'hivernage des reines.

Le piège, lui, n'attire que les insectes passant à faible distance. L'étude de l'ITSAP sur le piégeage de printemps a mesuré un rayon d'action inférieur à 400 m sur la densité de nids. Rien ne permet de penser que ce rayon soit plus grand à l'automne, alors que la concurrence des fruits mûrs et des autres sources de sucre y est plus forte.

Des prises accessoires plus importantes

À l'automne, beaucoup d'autres insectes recherchent les sucres : guêpes, mouches, papillons, frelons européens. Dans l'étude italienne de Lioy et al. (2020), les pièges appâtés à la bière ont perdu en efficacité et en sélectivité à l'automne. Même la meilleure combinaison testée à cette saison ne capturait que 1,35 % de frelons asiatiques parmi les insectes piégés.

Le frelon européen, espèce indigène, est particulièrement exposé. Les deux espèces se confondent facilement : voir l'article frelon asiatique ou frelon européen.

Le seul cas où il peut être utile : au rucher

Au rucher, l'objectif change. Il ne s'agit plus de réduire la population mais de diminuer le nombre de frelons en vol stationnaire devant les ruches. Cette présence provoque une « paralysie du butinage » : les abeilles cessent de sortir. Des travaux de l'INRAE et du MNHN identifient ce mécanisme comme un facteur important des effondrements de colonies en hiver (Requier et al., 2019).

Quelques pièges sélectifs placés près des ruches peuvent réduire cette pression. Ils s'ajoutent aux autres protections : muselières d'entrée, harpes électriques et colonies fortes. Le détail figure dans l'article piéger autour du rucher.

Règles pour un piégeage d'automne raisonné : uniquement au rucher, uniquement avec des pièges sélectifs, relevés fréquents pour libérer les insectes non ciblés, et retrait des pièges dès que la pression baisse.

Les alternatives au piégeage d'automne au rucher

Plusieurs protections agissent sans capturer d'insectes non ciblés. La muselière d'entrée a été testée sur 22 paires de colonies en France : elle a fortement réduit la paralysie du butinage, sans diminuer la capture des butineuses de retour (Requier et al., 2020). La harpe électrique a réduit la pression de prédation dans une étude menée sur 36 ruches en Galice (Rojas-Nossa et al., 2022).

Le renforcement des colonies avant l'hiver complète ces dispositifs : réserves suffisantes, maîtrise du varroa, réunion des colonies faibles. Ces mesures sont présentées dans les articles renforcer les colonies avant l'hiver et protéger ses ruches.

Enfin, la recherche des nids reste utile en début d'automne, tant que les futures reines n'ont pas quitté la colonie. Un nid repéré tôt et détruit par un professionnel retire d'un coup toute une génération de reproducteurs, ce qu'aucun piège ne peut faire.

Que dit le plan national 2026 ?

Le plan national adopté par l'arrêté du 9 septembre 2026 module les mesures selon quatre niveaux de pression départementale. Les présentations publiées citent le piégeage des fondatrices au printemps et les dispositifs qui réduisent le stress des colonies. Les méthodes sélectives sont privilégiées. Le plan rappelle aussi qu'il est inutile de détruire un nid une fois les futures reines parties, vers la mi-novembre. Les plans départementaux préciseront les modalités locales : voir l'article plan national de lutte 2026.

Et pour un particulier sans ruche ?

Pour un jardin sans rucher proche, le piégeage d'automne n'est pas recommandé. Les frelons attirés par une terrasse ou des fruits tombés se gèrent autrement : couvrir les aliments, ramasser les fruits, éviter les boissons sucrées à découvert. Les conseils pratiques sont regroupés dans l'article pour éloigner les frelons d'une terrasse.

Printemps ou automne : comparaison

CritèrePrintempsAutomne
CibleReines fondatricesOuvrières, quelques futures reines
Effet sur le nombre de nidsDémontré localement si répété (ITSAP)Non démontré
Intérêt au rucherProtéger le site d'hivernageRéduire la pression immédiate
Prises accessoiresPrésentesSouvent plus importantes
RecommandationSélectif, ciblé, coordonnéAu rucher seulement, sélectif, limité

Pour le calendrier complet, voir l'article quand piéger le frelon asiatique.

Questions fréquentes

Faut-il piéger les frelons asiatiques en septembre et octobre ?

Seulement au rucher, avec des pièges sélectifs, pour soulager les colonies attaquées. Ailleurs, le piégeage d'automne n'a pas d'effet démontré sur la population.

Piéger à l'automne capture-t-il les futures reines ?

Très peu. Les captures sont très faibles comparées au nombre de futures reines produites par les nids, selon les études comparatives.

Que faire contre les frelons devant les ruches en automne ?

Combiner muselières ou grilles d'entrée, harpes électriques, quelques pièges sélectifs et colonies fortes, et faire détruire les nids repérés par un professionnel.

Faut-il détruire un nid en novembre ?

Le plan national de 2026 juge inutile la destruction d'un nid après le départ des futures reines, vers la mi-novembre.

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