Ce que le frelon asiatique cherche dans un jardin
Le Muséum national d'Histoire naturelle (MNHN) résume ainsi le régime de Vespa velutina : les adultes se nourrissent uniquement de liquides sucrés, comme le miellat, le nectar et le miel. Ils consomment aussi le liquide riche en protéines que leur régurgitent les larves. Les proies capturées, abeilles, mouches et autres insectes, servent à nourrir ces larves.
Une plante attire donc le frelon asiatique de deux façons : directement, quand elle offre du sucre (nectar, fruit mûr, miellat), et indirectement, quand elle concentre des insectes qu'il peut chasser. Le détail de son régime est présenté sur la page que mange le frelon asiatique.
Plantes qui attirent les frelons asiatiques : ce qui est documenté
| Plante ou ressource | Période | Ce qui attire | Niveau de preuve |
|---|---|---|---|
| Pommiers, pruniers, vigne (fruits mûrs) | Fin d'été, automne | Chair sucrée des fruits | Documenté (MNHN) |
| Plaqueminier (kaki) | Automne | Fruit mûr | Observation : le premier spécimen identifié en France a été prélevé sur un kaki en novembre 2005 |
| Plantes à miellat (arbres et arbustes colonisés par les pucerons) | Printemps à automne | Miellat sucré | Documenté (MNHN) |
| Fleurs riches en nectar | Selon la floraison | Nectar, et insectes butineurs à chasser | Documenté pour le nectar (MNHN), sans liste d'espèces |
| Lierre grimpant | Septembre à novembre | Nectar abondant en fin de saison | Visité par des guêpes et des frelons ; rôle propre au frelon asiatique non quantifié |
| Camélia | Fin d'hiver, printemps | Nectar | Souvent cité, non confirmé par les sources consultées |
| Sarracénies (plantes carnivores) | Été | Odeurs des urnes, qui piègent des insectes | Captures observées, mais piège non sélectif (Wycke et coll., 2018) |
Arbres fruitiers : la principale source d'attraction en automne
Le MNHN précise qu'à l'automne, les frelons asiatiques mangent aussi la chair des fruits mûrs : pommes, prunes, raisins. C'est souvent la question « quel arbre attire les frelons » : tout arbre fruitier dont les fruits mûrissent ou tombent en fin de saison peut en attirer. Les fruits blessés, fendus ou entamés par les oiseaux sont particulièrement accessibles.
L'histoire de l'invasion l'illustre : selon l'article de Haxaire, Bouguet et Tamisier publié en 2006, le premier spécimen identifié en France avait été prélevé sur un fruit de kaki en novembre 2005, dans le Lot-et-Garonne. Les gestes pour cueillir et ramasser sans risque sont détaillés sur la page frelons, vergers et fruits mûrs.
Lierre et frelon : une floraison tardive très visitée
Le lierre grimpant (Hedera helix) fleurit en automne, quand la plupart des autres plantes ont fini de fleurir. Une étude de l'université du Sussex (Garbuzov et Ratnieks, 2014) a montré que ses fleurs, riches en nectar, attirent surtout des syrphes et d'autres mouches, des abeilles domestiques et des guêpes. Les mâles de frelon asiatique y sont souvent observés en automne (Monceau et al., 2014).
Cette floraison tombe en fin de saison, quand les colonies de frelons asiatiques sont encore actives. Un lierre en fleurs peut donc concentrer à la fois des frelons venus chercher du sucre et des insectes qu'ils chassent. Les sources consultées ne chiffrent pas la part du lierre dans l'alimentation du frelon asiatique. Il n'y a pas lieu d'arracher un lierre pour autant : c'est une ressource importante pour de nombreux pollinisateurs en fin de saison. Il suffit d'éviter de tailler ou de manipuler un lierre en fleurs très fréquenté, et de vérifier qu'il ne cache pas un nid.
Camélia et frelon asiatique : ce que l'on sait vraiment
Le camélia est fréquemment présenté dans les conseils de jardinage et de piégeage comme une plante visitée par les reines fondatrices à la sortie de l'hiver, car il fleurit tôt et offre du nectar quand peu d'autres fleurs sont disponibles. Ce lien est plausible au regard du régime sucré du frelon, mais les sources scientifiques et institutionnelles consultées pour cet article ne le documentent pas précisément. Il est donc présenté ici comme une observation répandue, pas comme un fait établi.
Au printemps, les reines fondatrices cherchent du sucre et construisent leur nid primaire. C'est la période où le piégeage de printemps peut avoir un sens, uniquement avec un piège sélectif. Le cycle complet est décrit sur la page cycle de vie du frelon asiatique.
Sarracénie et frelon asiatique : une fausse bonne idée
Certaines plantes carnivores du genre Sarracenia capturent des frelons asiatiques dans leurs urnes, ce qui a suscité un fort intérêt. Une étude menée en 2015 et 2016 par Wycke, Perrocheau et Darrouzet, publiée en 2018, a testé deux hybrides de sarracénies. Ces plantes ont surtout capturé des mouches et peu de frelons. Les auteurs concluent qu'elles ne peuvent pas servir de moyen de lutte, car elles ne sont pas sélectives et capturent trop peu de frelons.
Planter des sarracénies peut donc avoir un intérêt ornemental, mais pas pour protéger un jardin ou un rucher.
Limiter l'attraction sans appauvrir le jardin
Il n'est ni utile ni souhaitable de supprimer toutes les plantes visitées par les frelons. Les mêmes fleurs et les mêmes fruits nourrissent les abeilles, les bourdons, les papillons et de nombreux autres insectes. Quelques gestes réduisent l'attraction là où elle pose problème :
- ramasser régulièrement les fruits tombés sous les arbres fruitiers, surtout près de la terrasse et des jeux d'enfants ;
- récolter les fruits dès leur maturité plutôt que de les laisser se gâter sur l'arbre ;
- éviter d'installer une table de repas sous un arbre fruitier en fin de saison ou près d'un lierre en pleine floraison ;
- surveiller les haies, les grands arbres et les massifs denses, où peut se cacher un nid ;
- porter des gants et des manches longues pour cueillir ou tailler en fin d'été.
Ces gestes valent aussi pour les guêpes, qui fréquentent les mêmes ressources sucrées en fin de saison.
Existe-t-il une plante qui repousse les frelons ?
La recherche « plante qui repousse les frelons » revient souvent : menthe, citronnelle, géranium, lavande, absinthe. Aucune source scientifique ou institutionnelle consultée ne démontre qu'une plante éloigne durablement le frelon asiatique d'une terrasse ou d'un rucher. Le point sur les odeurs et les produits est fait sur la page répulsifs naturels contre le frelon.
Les mesures utiles restent concrètes : ramasser les fruits tombés, couvrir les aliments sucrés lors des repas dehors et surveiller l'apparition de nids. Les gestes du quotidien sont détaillés sur la page éloigner les frelons de la maison. Un nid repéré dans une haie ou un arbre doit être signalé et traité par un professionnel : demander une intervention.
Questions fréquentes
Quelles plantes attirent le plus les frelons asiatiques ?
Les arbres fruitiers en fin de saison (pommes, prunes, raisins), les plantes couvertes de miellat et les fleurs riches en nectar. Le lierre en fleurs, à l'automne, est visité par de nombreux insectes dont des guêpes et des frelons.
Le camélia attire-t-il le frelon asiatique ?
Il est souvent cité comme source de nectar pour les reines au printemps. Ce lien est plausible mais n'est pas précisément documenté par les sources scientifiques consultées.
Faut-il arracher le lierre à cause des frelons ?
Non. Le lierre est une ressource importante pour de nombreux pollinisateurs en fin de saison. Il suffit d'éviter de le manipuler en pleine floraison et de vérifier qu'il ne cache pas un nid.
La sarracénie est-elle efficace contre le frelon asiatique ?
Non. Une étude publiée en 2018 (Wycke et coll.) conclut que les sarracénies capturent surtout des mouches, peu de frelons, et ne sont pas sélectives.
Une plante peut-elle repousser les frelons ?
Aucune source scientifique ou institutionnelle consultée ne démontre qu'une plante éloigne durablement le frelon asiatique.
Sources
- MNHN, Le frelon asiatique : biologie
- Wycke M.-A., Perrocheau R., Darrouzet E., « Sarracenia carnivorous plants cannot serve as efficient biological control of the invasive hornet Vespa velutina nigrithorax in Europe », Rethinking Ecology, 2018
- Haxaire J., Bouguet J.-P., Tamisier J.-P., « Vespa velutina Lepeletier, 1836, une redoutable nouveauté pour la faune de France », Bulletin de la Société entomologique de France, 2006
- Garbuzov et Ratnieks (2014), Ivy : an underappreciated key resource to flower-visiting insects in autumn, Insect Conservation and Diversity
- Monceau, Bonnard et Thiéry (2014), Vespa velutina : a new invasive predator of honeybees in Europe, Journal of Pest Science (INRAE)


