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Nid secondaire de frelon asiatique accroché dans un arbre défeuillé

Frelon asiatique dans les Pyrénées-Atlantiques

Voisines des premiers foyers d'Aquitaine, les Pyrénées-Atlantiques font partie des départements colonisés de longue date par le frelon asiatique. Au Pays basque, l'année 2023 a été particulièrement meurtrière pour les ruchers : un collectif d'apiculteurs y estimait les pertes entre 30 et 80 % des colonies selon les secteurs. Du littoral basque au Béarn, des coteaux de Jurançon aux vallées pyrénéennes, voici comment signaler un nid de frelon dans les Pyrénées-Atlantiques, ce que l'on sait des aides, et comment éviter les piqûres lors des travaux de haie, de vendange ou d'estive.

2006Première observation
30 à 80 %de colonies perdues en 2023 selon un collectif d'apiculteurs du Pays basque
80 à 120 €coût d'une destruction de nid selon la hauteur (estimation du collectif, 2024)
environ 30nids détruits en une saison à Itxassou, pour environ 3 000 € (collectif, 2024)
Aide à la destruction
Pas d'aide départementale connue : renseignez-vous en mairie
Urgence piqûre
15 ou 112 (114 par SMS)

Le frelon asiatique dans les Pyrénées-Atlantiques

Le frelon asiatique a été introduit accidentellement dans le Sud-Ouest au début des années 2000, probablement en Lot-et-Garonne, avec des poteries importées de Chine. Progressant d'environ 60 km par an, il a rapidement atteint les Pyrénées-Atlantiques, qui figurent parmi les départements où la présence de l'espèce est la plus ancienne. Dès 2018, la DRAAF citait d'ailleurs le département parmi les trois terrains d'une étude participative sur le piégeage de printemps, avec la Vendée et le Morbihan.

Il n'existe pas de bilan public annuel du nombre de nids détruits dans les Pyrénées-Atlantiques. Les éléments chiffrés disponibles viennent surtout des apiculteurs. Un collectif d'apiculteurs du Pays basque, constitué après les attaques de 2023, décrit cette année comme particulièrement meurtrière : pertes de 30 à 80 % des colonies selon les secteurs et récolte de miel en baisse de 50 à 100 %. À Ascain, la perte de 80 ruches représentait selon lui plus de cinq millions d'abeilles en un seul été. À Itxassou, une trentaine de nids auraient été détruits en une saison, pour environ 3 000 € pris en charge par la commune, sur le domaine public comme sur les terrains privés. Le collectif souhaitait étendre son « plan frelon » au Béarn et au sud des Landes.

Les apiculteurs du département ont aussi participé à une enquête régionale : à l'automne 2023, la FARNA (fédération apicole de Nouvelle-Aquitaine) a interrogé 735 apiculteurs de cinq départements, dont les Pyrénées-Atlantiques, avec l'appui du GDSA 64. Conclusion des organisateurs : le frelon asiatique exerce une pression massive sur les abeilles, tue des colonies et pousse certains apiculteurs à envisager l'arrêt de leur activité. Le GDSA 64, partenaire du conseil départemental, présente aujourd'hui la lutte contre le frelon et les maladies de la ruche comme un programme d'urgence pour les pollinisateurs.

Avec l'arrêté du 9 septembre 2026 instaurant le plan national de lutte, la coordination départementale revient au préfet des Pyrénées-Atlantiques, à Pau, qui doit arrêter un plan départemental. Pour l'histoire de l'invasion : l'arrivée du frelon asiatique en France en 2004.

Départements voisins : Gers (2006), Hautes-Pyrénées (2006), Landes (2006).

Voir la carte de propagation en France, année par année.

Signaler un nid de frelon dans les Pyrénées-Atlantiques

Aucune plateforme départementale officielle de signalement n'a été identifiée pour les Pyrénées-Atlantiques lors de la rédaction de cette page. Le premier interlocuteur est donc la mairie : la loi n° 2025-237 du 14 mars 2025 prévoit que les nids puissent être signalés au maire de la commune où ils se trouvent, ou à un conseiller municipal désigné. Les maires peuvent aussi ordonner la destruction d'un nid lorsque des habitants sont exposés.

  1. Rester à distance du nid (au moins 5 mètres, davantage pour un gros nid haut perché), ne pas le toucher ni l'arroser.
  2. Noter l'adresse précise, la hauteur, le support (arbre, haie, grange, toiture, falaise) et prendre une photo de loin.
  3. Prévenir la mairie, qui indique la marche à suivre et la prise en charge éventuelle par la commune.
  4. Prévenir les apiculteurs voisins si des ruchers sont installés à proximité.
  5. Confier la destruction à une entreprise de désinsectisation.

Au Pays basque comme en Béarn, les communes prennent généralement en charge les nids situés sur le domaine public ; pour un terrain privé, la situation varie d'une commune à l'autre. Les plateformes associatives en ligne existent aussi, mais sont encore peu utilisées dans le département. Repères : signaler un nid de frelon et le rôle des mairies.

Aides à la destruction d'un nid de frelon dans les Pyrénées-Atlantiques

Aucune aide du conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques n'a été identifiée : un recensement national publié en février 2026 classe le département parmi ceux où les habitants supportent seuls les frais de destruction. Selon le collectif d'apiculteurs du Pays basque, les communes paient les nids situés sur le domaine public, et certaines financent aussi ceux des terrains privés, une pratique qui fait débat. Le même document évalue le coût d'une destruction entre 80 et 120 € selon la hauteur.

Avant de commander une intervention :

  • interroger la mairie (Pau, Bayonne, Anglet, Biarritz, Oloron-Sainte-Marie, Orthez, Saint-Jean-de-Luz, Mauléon-Licharre…) sur une éventuelle participation ;
  • se renseigner auprès de l'intercommunalité : Communauté d'agglomération du Pays basque, Pau Béarn Pyrénées, communautés de communes du Béarn ;
  • demander un devis précisant la méthode et le matériel (perche, nacelle) ;
  • vérifier son contrat d'assurance habitation.

Les apiculteurs, eux, ne bénéficient d'aucune indemnisation de l'État pour les colonies perdues, ce que dénonçait le collectif en 2024. Pour comparer les coûts : prix d'une destruction de nid. Pour une intervention rapide : trouver un désinsectiseur.

Trouver un désinsectiseur dans les Pyrénées-Atlantiques

Un territoire exposé : littoral basque, coteaux béarnais et vallées pyrénéennes

Les Pyrénées-Atlantiques offrent au frelon asiatique un climat océanique doux et humide, très favorable. Sur la côte basque, de Hendaye à Anglet, les jardins, haies et parcs des zones urbaines et touristiques abritent de nombreux nids. L'arrière-pays basque (Labourd, Basse-Navarre, Soule) est un paysage de prairies, de haies, de fougeraies et de chênaies où les ruchers sont nombreux ; les communes citées par les apiculteurs, Itxassou, Ascain, Cambo-les-Bains, en font partie.

Le Béarn, autour de Pau, d'Orthez et d'Oloron-Sainte-Marie, associe maïsiculture, prairies et coteaux boisés. Les vignobles de Jurançon, de Madiran et Pacherenc du Vic-Bilh, d'Irouléguy et de Béarn exposent les vendangeurs à l'automne, lorsque les ouvrières recherchent les raisins sucrés. Les vergers basques, notamment les cerisiers d'Itxassou, attirent aussi le frelon à la maturité des fruits.

Plus haut, les vallées d'Aspe et d'Ossau et la montagne basque, avec leurs estives, sont moins densément colonisées, l'altitude et le froid limitant le développement des colonies. L'apiculture y est pourtant présente, et la prédation stationnaire devant les ruches est particulièrement redoutée en fin d'été. Les pertes de colonies sont détaillées dans l'impact sur les abeilles et le miel.

Piqûres de frelon : risques et gestes qui sauvent

Le venin d'un frelon isolé est rarement dangereux pour une personne en bonne santé ; le risque grave vient de l'allergie et des piqûres multiples lors d'une attaque de colonie. À l'échelle de la France, l'Anses et Santé publique France ont dénombré 256 certificats de décès liés aux hyménoptères (abeilles, guêpes et frelons) de 2014 à 2023, environ 25 par an. Dans les cas graves recensés par les centres antipoison, 38 % mettent en cause un frelon, et 89 % sont liés à une allergie. Le rapport de toxicovigilance de l'Anses de juin 2025 note que les piqûres de frelon sont plus fréquentes dans l'ouest et le sud-ouest du pays. Aucun accident grave survenu dans les Pyrénées-Atlantiques n'a été retrouvé dans les sources consultées.

Plages, fougeraies et vallées d'estive

Les situations typiques du département sont variées : nid dans une haie de jardin à Anglet ou Biarritz en plein été, colonie dérangée en coupant la fougère sur les collines du Labourd, vendanges à Jurançon ou Irouléguy, randonnée ou travail en estive en vallée d'Aspe ou d'Ossau, loin de toute route. Face à des frelons qui sortent du nid, reculer au pas, la tête et le visage protégés par les bras.

Appeler le 15 ou le 112 dès que la personne présente une gêne à respirer, un gonflement du visage, de la langue ou de la gorge, un malaise, une urticaire sur tout le corps, une piqûre dans la bouche ou la gorge, ou a reçu de nombreuses piqûres (au-delà de 20 pour un adulte, 4 à 5 pour un enfant). Le 114 par SMS est réservé aux personnes sourdes ou malentendantes.

  • Personne allergique : stylo d'adrénaline dans la face externe de la cuisse, puis 15.
  • Bagues et bracelets retirés immédiatement.
  • Froid, toujours enveloppé dans un linge, sur la zone piquée.
  • Malaise : personne allongée ; demi-assise si elle respire mal.

Le centre antipoison compétent est celui de Bordeaux, au CHU de Bordeaux. Dans le département, les urgences graves sont prises en charge au centre hospitalier de Pau et au centre hospitalier de la Côte basque, à Bayonne. Sur l'allergie : allergie au venin d'hyménoptères.

Avant de tailler une haie, élaguer ou débroussailler

Haies d'éléagnus et de lauriers des quartiers résidentiels de la côte basque, haies bocagères et fougeraies du Labourd et de la Basse-Navarre, chênaies du Béarn, granges et bordes de montagne, tas de bois sous les avant-toits : dans les Pyrénées-Atlantiques, le climat doux et humide favorise une végétation dense où les nids se cachent facilement. Frelon asiatique, guêpes et frelon européen y nichent côte à côte.

  • Avant de couper, observer la haie à quelques mètres pendant 5 à 10 minutes : des insectes qui reviennent toujours au même point signalent un nid.
  • Écouter : un bourdonnement continu doit faire renoncer.
  • Ne jamais secouer, frapper ni arroser la végétation pour vérifier.
  • Avancer de proche en proche, chaque portion contrôlée avant d'y passer le taille-haie.
  • Pas de taille-haie thermique, de débroussailleuse ni d'épareuse sans inspection : les vibrations déclenchent l'attaque.
  • Commencer tôt le matin, en vêtements clairs et couvrants.
  • Prévenir quelqu'un et garder un téléphone, le réseau étant incertain en montagne.

Les oiseaux nichant du 15 mars au 31 juillet, la taille est à éviter pendant cette période ; la BCAE 8 interdit aux exploitants soumis à la PAC de tailler du 16 mars au 15 août. Dans la pousse rapide du climat océanique, la tentation de tailler en plein été est forte : c'est justement la saison des colonies les plus peuplées. Éleveurs qui entretiennent les clôtures et coupent la fougère, cueilleurs de cerises d'Itxassou, vendangeurs et agents des routes départementales sont les plus exposés. Voir nid dans une haie, une grange ou un arbre.

Piégeage de printemps et actions locales dans les Pyrénées-Atlantiques

Le département a une longue expérience du piégeage : il a servi de terrain, avec la Vendée et le Morbihan, à une étude participative sur le piégeage de printemps citée par la DRAAF en 2018. Au Pays basque, le collectif d'apiculteurs plaide pour un piégeage de printemps massif et coordonné, de fin février à mai, maintenu au moins trois années de suite et soutenu par les communes.

Les recommandations nationales sont toutefois claires sur le type de piège : seul le piégeage sélectif est recommandé. Les pièges bouteille et les dispositifs qui capturent indistinctement guêpes, mouches et papillons sont à éviter, de même que le piégeage d'automne en dehors des ruchers attaqués. En pratique :

  • poser des pièges sélectifs, qui laissent ressortir les petits insectes, à la sortie des fondatrices, plus tôt sur la côte qu'en montagne ;
  • les placer en priorité près des ruchers attaqués l'année précédente et d'anciens nids ;
  • renouveler l'appât tous les 8 à 10 jours et retirer les pièges en fin de période ;
  • protéger les ruches en été et en automne avec des muselières ou grilles d'entrée.

Voir ce qu'est un piège sélectif.

Destruction de nid de frelon : principales communes

Que faire en ce moment ?

Octobre. Les futures reines quittent le nid. C'est le dernier moment utile pour le faire détruire. Le cycle complet du frelon asiatique.

Questions fréquentes

Le Pays basque est-il plus touché que le Béarn par le frelon asiatique ?

Aucun chiffre officiel ne permet de comparer. Les apiculteurs du Pays basque ont signalé de très lourdes pertes en 2023, et souhaitaient étendre leur plan de lutte au Béarn.

Qui paie la destruction d'un nid à Bayonne ou à Pau ?

Aucune aide départementale n'a été identifiée. Les communes prennent généralement en charge les nids sur le domaine public ; pour un terrain privé, il faut demander en mairie.

Combien coûte la destruction d'un nid dans les Pyrénées-Atlantiques ?

Un collectif d'apiculteurs l'estimait entre 80 et 120 € selon la hauteur en 2024. Un nid très haut nécessitant une nacelle coûte davantage.

Quel centre antipoison appeler depuis les Pyrénées-Atlantiques ?

Le centre antipoison de Bordeaux (05 56 96 40 80). En cas de signes graves, appeler d'abord le 15 ou le 112.

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