Un nid ? Trouver un pro
Nid secondaire de frelon asiatique accroché dans un arbre défeuillé

Frelon asiatique dans les Côtes-d'Armor

Dans les Côtes-d'Armor, le frelon asiatique s'est installé à partir du début des années 2010, porté par un bocage dense, un climat doux et un littoral très boisé. La lutte y est organisée par la FDGDON des Côtes-d'Armor, basée à Ploufragan, avec les communes et les intercommunalités, dans le cadre du plan breton porté par FREDON et GDS Bretagne. Le signalement d'un nid de frelon passe d'abord par la mairie. Voici comment cela fonctionne, de Saint-Brieuc à Lannion, de Dinan à Guingamp et Loudéac, ce que coûte une destruction et comment piéger sans nuire aux autres insectes.

2010Première observation
3 400nids de frelons asiatiques recensés dans les Côtes-d'Armor en 2016 (Leff Armor Communauté)
6 423frelons capturés au piégeage de printemps 2025 dans les Côtes-d'Armor (plan breton)
849pièges coréens à ailettes suivis en Bretagne au printemps 2025
Signaler un nid
Mairie de la commune, en lien avec la FDGDON des Côtes-d'Armor et les référents frelon
Coordination
FDGDON des Côtes-d'Armor (réseau FREDON Bretagne)
Aide à la destruction
Prise en charge par certaines intercommunalités (totale à Lamballe Terre & Mer, financière à Leff Armor Communauté) ; pas d'aide départementale directe
Urgence piqûre
15 ou 112 (114 par SMS)

Le frelon asiatique dans les Côtes-d'Armor

Selon la FDGDON des Côtes-d'Armor, le frelon asiatique, arrivé accidentellement dans le sud-ouest de la France au début des années 2000, a colonisé la Bretagne à partir de 2010 (FREDON Bretagne cite 2009). Leff Armor Communauté date aussi sa présence dans le département de 2010. Il est aujourd'hui installé dans tous les départements bretons, et la FDGDON coordonne depuis des années des campagnes de lutte collective avec les communautés de communes.

Le département a connu une progression très rapide : Leff Armor Communauté indique que 3 400 nids de frelons asiatiques avaient été recensés dans les Côtes-d'Armor dès 2016, dont 175 sur son seul territoire, sans compter les nids passés inaperçus. Aucun bilan public plus récent du nombre de nids détruits chaque année n'a été retrouvé. Le bilan breton 2025 du plan de lutte donne en revanche une mesure de la pression au printemps : 6 423 frelons capturés dans les pièges de printemps suivis dans les Côtes-d'Armor, avec une médiane de 22 frelons par piège. À l'échelle de la Bretagne, 849 pièges coréens à ailettes ont été déployés dans 42 communes.

La plateforme associative LeFrelon, qui ne capte qu'une partie des signalements, recense 15 nids dans les Côtes-d'Armor en 2026 au 10 octobre, répartis dans 13 communes, surtout dans Lannion-Trégor Communauté (5), Guingamp-Paimpol Agglomération (3), Saint-Brieuc Armor Agglomération (3) et Loudéac Communauté (2). La FDGDON rappelait en septembre 2025 que les nids secondaires peuvent se trouver en hauteur, mais aussi dans les haies, les talus ou le sol.

Départements voisins : Finistère (2011), Ille-et-Vilaine (2008), Morbihan (2011).

Voir la carte de propagation en France, année par année.

Signaler un nid de frelon dans les Côtes-d'Armor

Dans les Côtes-d'Armor, le bon réflexe est de contacter la mairie en cas de découverte d'un nid de frelon asiatique, comme le demande la FDGDON. La démarche conseillée :

  1. Confirmer l'espèce à distance, sans s'approcher à moins de 5 mètres : nid sphérique ou ovale avec une ouverture latérale, nombreux frelons en activité. Voir reconnaître un nid de frelon asiatique.
  2. Contacter la mairie pour savoir si une lutte collective existe sur la commune. Le cas échéant, la commune et son référent frelon organisent l'intervention avec un professionnel référencé par la FDGDON.
  3. Sans lutte collective, faire appel à un professionnel de la liste départementale publiée par la FDGDON (liste 2026 en PDF sur son site).
  4. Signaler à la FDGDON toute anomalie : tarif non conforme ou intervention douteuse.

Les collectivités qui souhaitent une convention de lutte collective s'adressent à la FDGDON des Côtes-d'Armor, à Ploufragan (02 96 01 37 90). Le plan national prévu par la loi n° 2025-237 du 14 mars 2025 et l'arrêté du 9 septembre 2026 (JO du 16 septembre 2026) confie la coordination départementale au préfet des Côtes-d'Armor. Voir le rôle des mairies et intercommunalités.

Aides à la destruction d'un nid de frelon dans les Côtes-d'Armor

La FDGDON rappelle le principe : la décision de destruction et son coût incombent au propriétaire du terrain où se trouve le nid, sauf lorsqu'une collectivité décide d'intervenir. Son action est présentée comme d'intérêt général et soutenue par le Conseil départemental, mais aucune aide départementale versée directement aux particuliers n'a été identifiée.

Plusieurs intercommunalités costarmoricaines financent en revanche la destruction :

  • Lamballe Terre & Mer prend entièrement en charge la destruction des nids de frelons asiatiques sur son territoire, sur une propriété publique ou privée. Il faut remplir une fiche de signalement en mairie ; le référent communal confirme le nid et transmet au service environnement, qui fait intervenir un apiculteur volontaire (nids primaires uniquement) ou une entreprise retenue par l'intercommunalité.
  • Leff Armor Communauté organise depuis 2021, avec ses communes, une stratégie commune assortie d'une prise en charge financière. La démarche passe par la mairie et le référent technique communal, consulté avant la destruction ; le remboursement se fait sur présentation de la facture acquittée de l'entreprise et de la fiche de signalement validée par le référent. Le montant n'est pas publié.

Ailleurs, la règle varie d'une commune à l'autre : il faut interroger sa mairie avant toute intervention, car une destruction lancée sans passer par le référent peut ne pas être remboursée. Le recours à un professionnel référencé par la FDGDON permet de s'assurer d'un tarif encadré. Pour comparer : le prix d'une destruction de nid. Au niveau régional, le plan breton est porté par FREDON Bretagne et GDS Bretagne.

Trouver un désinsectiseur dans les Côtes-d'Armor

Un territoire exposé : bocage, talus et côtes boisées

Les Côtes-d'Armor réunissent tout ce qui favorise le frelon asiatique : un bocage de talus plantés et de chemins creux dans l'Argoat, des vallées boisées comme celles du Trieux, du Gouët ou de la Rance, un littoral découpé et urbanisé de la baie de Saint-Brieuc au Trégor, et un climat océanique aux hivers doux. Les secteurs du Trégor et du Goëlo, où se concentrent une partie des nids signalés en 2026, combinent jardins, haies de cyprès et bosquets côtiers.

Les talus bocagers jouent un rôle particulier : la FDGDON signale des nids dans les haies, les talus et même le sol, à hauteur d'homme. Le nombre d'apiculteurs et de ruches du département n'a pas été trouvé dans une source publique récente. Le plan breton vise explicitement la protection des ruchers, des pollinisateurs et de la population, avec la réduction du stress sur les ruchers comme axe de travail.

Les vergers, les cultures légumières et les jardins familiaux attirent aussi les ouvrières en fin d'été.

Piqûres de frelon : risques et gestes qui sauvent

Sentiers côtiers du GR 34, chemins creux de l'Argoat, jardins du Trégor : dans les Côtes-d'Armor, la plupart des rencontres avec une colonie se font au détour d'une promenade ou d'un travail d'entretien. La FDGDON rappelle que des attaques collectives sont possibles à moins de 5 mètres d'un nid et que les agents communaux y sont particulièrement exposés. Le risque n'est pas théorique : de 2014 à 2023, l'Anses et Santé publique France ont compté en France 256 certificats de décès liés à une piqûre d'hyménoptère, toutes espèces confondues (abeilles, guêpes, frelons), soit environ 25 par an. Les frelons pèsent pour 38 % des cas graves enregistrés par les centres antipoison et, dans 89 % de ces cas graves, une allergie est en jeu. Voir la dangerosité d'une piqûre de frelon.

Le département a connu un drame : le 23 septembre 2024, à Pleudihen-sur-Rance, près de Dinan, un groupe de huit randonneurs a été attaqué par des frelons asiatiques sur un chemin. Une randonneuse de 77 ans est morte sur place, une autre de 68 ans a été transportée en urgence absolue et trois personnes ont été hospitalisées à Dinan ; selon les pompiers, le nid se trouvait au pied d'un arbre, à quelques centaines de mètres (France Bleu Armorique, repris par Allo Docteurs, 24 septembre 2024). Un nid bas, au sol ou dans un talus, peut ainsi être dérangé sans avoir été vu.

Signes d'alerte et premiers gestes

SituationRéaction
Colonie dérangée, frelons qui poursuiventPartir calmement, tête et visage protégés, sans gesticuler
Souffle court, gorge serrée, langue ou visage qui gonflent, malaise, urticaire étendue à tout le corpsAppeler immédiatement le 15 ou le 112 (114 par SMS pour les personnes sourdes ou malentendantes)
Piqûre dans la bouche ou la gorge ; plus de 20 piqûres chez un adulte, 4 à 5 chez un enfantAppel au 15 ou au 112 même sans autre symptôme
Allergie connueStylo d'adrénaline sur la face externe de la cuisse, puis appel au 15
En attendant les secoursRetirer bagues et bracelets ; froid enveloppé dans un linge ; allonger la personne en malaise, la mettre en position demi-assise si elle respire mal

Le centre antipoison d'Angers (CHU d'Angers, 02 41 48 21 21) est compétent pour la Bretagne : il répond jour et nuit pour un avis mais ne remplace pas le 15. Les cas graves sont dirigés, après régulation, vers les urgences du centre hospitalier de Saint-Brieuc ou des hôpitaux de Lannion, Guingamp et Dinan. Voir aussi l'allergie au venin d'hyménoptères.

Avant de tailler une haie, élaguer ou débroussailler

Les Côtes-d'Armor sont un pays de talus plantés : chênes têtards, noisetiers, ajoncs et ronces bordent les champs de l'Argoat et les chemins du Penthièvre. La FDGDON a signalé des nids secondaires dans les haies, les talus et jusque dans le sol. Les haies de cyprès et de lauriers des jardins du littoral abritent elles aussi des colonies, de frelon asiatique comme de guêpes ou de frelon européen.

L'entretien des talus à l'épareuse par les agriculteurs et les entreprises de travaux agricoles, le fauchage des bords de route par les agents départementaux et communaux, l'élagage des arbres d'émonde et l'entretien des sentiers côtiers sont les moments les plus risqués, surtout entre août et octobre.

Inspecter le talus avant l'outil

  1. Rester à distance et observer 5 à 10 minutes : un couloir de vol régulier, toujours au même endroit du talus ou de la haie, révèle un nid.
  2. Écouter le bourdonnement au pied du talus, où certains nids sont posés presque au sol.
  3. Ne pas frapper la végétation ni l'arroser pour « tester ».
  4. Avancer de proche en proche et vérifier chaque tronçon avant de tailler ; ne pas lancer taille-haie thermique ou épareuse sur un linéaire non inspecté, les vibrations provoquant l'attaque.
  5. Commencer tôt le matin, en vêtements couvrants et clairs, en prévenant un collègue ou un proche, téléphone à portée.

Si un nid est repéré, s'éloigner, baliser et prévenir la mairie ; voir un nid dans une haie ou un talus. Pour la faune, la taille des haies est déconseillée du 15 mars au 31 juillet ; les exploitants soumis à la PAC respectent l'interdiction du 16 mars au 15 août (BCAE 8). Les chantiers d'automne sur les talus, très nombreux en Bretagne, demandent donc une vigilance particulière.

Piégeage de printemps et actions locales

Le plan breton organise chaque année un piégeage des fondatrices encadré. En 2026, la FDGDON a annoncé le démarrage le 19 mars : pose pour deux mois au maximum à partir du réchauffement, en général de mars à mai, et retrait fin mai à une date communiquée par le réseau. Les pièges se placent près des sources de nourriture (fleurs, fruits, composteurs) et en zone boisée, sont contrôlés régulièrement, et les captures sont transmises aux référents frelon de la collectivité.

Seuls les pièges sélectifs sont conseillés : le plan recommande « très fortement » les pièges japonais et les pièges coréens à ailes, et déconseille les pièges bouteille, cloche ou bocal, nuisibles à la biodiversité. GDS Bretagne et FREDON Bretagne mènent une expérimentation pour comparer sélectivité et attractivité des modèles. Voir qu'est-ce qu'un piège sélectif. Pour un nid en place, trouver un désinsectiseur.

Destruction de nid de frelon : principales communes

Que faire en ce moment ?

Octobre. Les futures reines quittent le nid. C'est le dernier moment utile pour le faire détruire. Le cycle complet du frelon asiatique.

Questions fréquentes

Qui appeler pour un nid de frelon asiatique à Saint-Brieuc ou Lannion ?

La mairie de la commune, comme le demande la FDGDON des Côtes-d'Armor. Elle indique si une lutte collective existe et oriente vers un professionnel référencé.

Le Conseil départemental des Côtes-d'Armor paie-t-il la destruction des nids ?

Il soutient l'action de la FDGDON, mais aucune aide directe aux particuliers n'a été identifiée. La prise en charge dépend de la commune ou de l'intercommunalité.

Quels pièges utiliser dans les Côtes-d'Armor ?

Le plan breton recommande les pièges japonais et coréens à ailes, posés de mars à fin mai au maximum, et déconseille les pièges bouteille, cloche ou bocal.

Combien de frelons ont été piégés au printemps dans les Côtes-d'Armor ?

Le bilan 2025 du plan breton fait état de 6 423 frelons capturés dans les pièges de printemps suivis dans le département.

Les randonneurs sont-ils exposés aux frelons asiatiques dans les Côtes-d'Armor ?

Oui. En septembre 2024, à Pleudihen-sur-Rance, une randonneuse est morte et plusieurs autres ont été hospitalisées après l'attaque d'un nid situé au pied d'un arbre. Au moindre va-et-vient d'insectes près d'un chemin, il faut faire demi-tour et prévenir la mairie.

Un nid de frelon ? Trouver un professionnel près de chez vous